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    Comité de soutien à Nicolas Salvini
    Un comité de soutien, quoi de plus banal en fait. Il en existe tant dans l’Hexagone et pour des raisons diverses. Nous sommes tous, pour notre part, des amis, proches membres de la famille, ou tout simplement des hommes et des femmes touchés par les incohérences du jugement de Nicolas Salvini.
    Nous n’avons aucune véritable étiquette politique, n’adhérons à aucun parti, mais nous nous sentons tous concernés au plus haut point par ce que nous considérons comme une grave injustice, de surcroît, dans un pays qui se veut démocratique. Huit ans de prison pour un innocent, cela peut paraître bien long. Mais lorsqu’il s’agit, d’un chef de famille irréprochable, père de deux enfants en bas âge (6 et 3 ans) qui se retrouve non seulement privé de sa liberté mais également de son activité professionnelle—la pêche— seule source de revenu du foyer, cela s’apparente à de l’injustice.
    Dès sa création, le but de ce comité de soutien a été de sensibiliser l’opinion publique nationale sur des faits qui portent tout simplement atteinte aux droits de l’homme. Nicolas Salvini a comparu en prévenu libre lors du procès des attentats de la DDE et de l’URSSAF perpétrés en novembre 1999, à Ajaccio. Auparavant, il avait, entre 2000 et 2001, été en détention provisoire durant 20 mois, puis libéré sous contrôle judiciaire en attendant le procès. Nous attendions, comme lui, de ce procès qu’il lève le voile et qu’il l’innocente définitivement dans une affaire où il avait apporté les preuves de son innocence. Du reste, lors du procès, le Président du Tribunal a, en partie, abondé dans notre sens, en affirmant notamment « qu’aucun élément matériel de nature à démontrer une éventuelle culpabilité de Nicolas Salvini, en tant que complice ou auteur de ces attentats, n’a pu être produit. » Ces faits, juridiques, avaient été corroborés par l’avocat général lors de son réquisitoire. Ce qui ne l’avait pas empêché, pour autant, de réclamer à son encontre, une peine de 5 ans d’emprisonnement. Mais étant donné que le verdict semble toujours plus clément, nous avions espoir de voir Nicolas Salvini innocenté dans cette affaire. Il ne restait, en fait qu’une éventuelle participation à une conférence de presse clandestine, participation que le procès n’a pu, non plus établir.
    Condamné à huit ans de prison, Nicolas Salvini a, dès l’annonce du verdict, fait appel de cette décision. Il a comparu, le 20 mai, soit après quasiment un mois de détention, devant la chambre d’instruction. Celle-ci, et il s’agit là d’une première, est allée à l’encontre de la peine prononcée. Elle l’a même infirmée et décidé de mettre Nicolas Salvini en liberté sous contrôle judiciaire avant le procès en appel qui devrait avoir lieu d’ici deux ans. Ces faits nous laissent penser que Nicolas Salvini a été victime d’une erreur judiciaire en même temps très certainement d’une pression dont on ignore encore à ce jour, d’où elle provenait. En attendant, l’homme a effectué au total 23 mois d’incarcération Aujourd’hui, nous nous demandons encore, même s’il est actuellement en liberté, les raisons pour lesquelles Nicolas Salvini, irréprochable dans sa vie quotidienne, a pu subir autant de déboires depuis plus de deux ans. Même s’il a retrouvé quelque peu une vie normale, l’épée de Damoclès ne cesse de planer au-dessus de sa tête. Sa vie professionnelle et affective s’en ressentent.
    De plus, il est père de deux enfants en bas âge qui, eux aussi, subissent les contre coups de ces déboires. Aujourd’hui, nous cherchons les raisons qui ont conduit les jurés de la cour d’assises spéciale de Paris, qui sont des magistrats professionnels, à aller au-delà du réquisitoire et prononcer une peine aussi lourde. Pourquoi la chambre d’instruction a t-elle infirmé cette décision un mois plus tard. S’agit-il d’une simple querelle entre magistrats désireux de régler leurs comptes ou d’un combat entre des hommes encore liés à leurs concepts et leurs préjugés et d’autre désireux avant tout de connaître la vérité et de la faire triompher.
    À quoi sert un procès? Sur quels éléments se fondent-on alors qu’il a été prouvé, par le Tribunal, l’innocence de d’un homme dans ces attentats, qu’à l’annonce du verdict, le Président lui-même semblait consterné ? A toutes ces questions, nous ne pouvons voir qu’une seule et unique réponse : l’intime conviction. Or, a t-on le droit, dans le pays berceau de la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen, de condamner un homme simplement par intime conviction ? Où sont, alors, le droit du citoyen, la justice et la démocratie ? Il ne s’agit pas là de se placer éternellement en victime. Dans ce pays, nous en sommes conscients, tout délit doit être puni, c’est un fait établi, chacun doit assumer les actes qu’il a commis. Mais peut-on condamner quelqu’un pour un délit qu’il n’a pas commis ?
    Cela nous interpelle au plus haut point et remet en question l’ensemble des valeurs qui ont fait, jadis, la force de ce pays. Aujourd’hui, la raison d’Etat semble l’emporter, celle là même qui a condamné Socrate, le disciple de Platon et dans une vision beaucoup moins philosophique, John Kennedy, Martin Luther King, Gandhi et bien d’autres encore. Qu’est ce donc, alors, que la démocratie ? Un simple concept noyé parmi tant d’autres. Nous ne sommes sûrement pas dans un monde manichéen où le bien triomphe du mal et le gentil combat le méchant. Nous n’avons pour seule mission que de rechercher la vérité et de savoir pourquoi un homme est ainsi ballotté depuis trois ans entre la prison et sa vie quotidienne.
    Une histoire qui va encore durer deux ans années supplémentaires jusqu’à la date du procès en appel. Pourquoi a t-il été condamné par une justice dite d’exception dont le verdict repose uniquement sur l’intime conviction, alors que son procès a mis en exergue son innocence. Pourquoi infliger huit ans de prison alors que dans le même temps, le procès de la catastrophe du Mont Blanc—32 morts est-il besoin de le rappeler— n’a donné que des peines de sursis? Dans ce pays, il y a malheureusement deux poids et deux mesures et nous appelons toutes les personnes qui ont soif de justice, à se joindre à notre quête. Nous n’avons aucune prétention si ce n’est celle de voir notre ami ou parent s’extirper des mailles d’un filet dont on voudrait bien croire qu’il a été placé inopinément. Nous sommes de ceux qui veulent encore croire en la justice de ce pays et nous souhaitons que la sagesse et surtout la justice l’emporteront sur la raison d’Etat…et les querelles de clocher.

Le comité de soutien

Associu --> Nicolas Salvini